La Lorraine relance sa FMC/DPC

29 mai 2022

Association

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Dans le magazine TLM (Toute la Formation médicale continue), Docteur Jean-Daniel Desse, Président de l’AMPPU54, a été interviewé à propos de la formation continue. L’article est disponible dans l’édition de mai-juin, dans lequel on retrouve les programmes FMC-DPC. Nous vous proposons de découvrir cette interview fort intéressante ci-dessous.

Article « La Lorraine relance se FMC/DPC », édition mai-juin de TLM n°127

La formation médicale continue (FMC) de Lorraine, quelque peu malmenée comme partout en France par la crise sanitaire, retrouve son dynamisme d’antan. Ses quatre associations de FMC départementales – l’AMPPU54 (Meurthe-et-Moselle), l’AMMFC55 (Meuse), l’AMMPPU57 (Moselle) et l’AMVPPU88 (Vosges) – ont décidé d’un même élan, lors d’une assemblée générale extraordinaire en mars dernier, de refondre leur instance fédératrice régionale, Lorformep (Fédération régionale des associations de FMC et d’Évaluation des pratiques professionnelles de Lorraine) et de relancer, sous l’égide de cette nouvelle structure, l’ensemble de leurs activités de formation continue. En attendant cette refonte qui devrait être effective dans un an et demi, le Dr Jean-Daniel Desse, qui dirige l’AMPPU54, a été nommé président temporaire de Lorformep. Questions au Dr Desse sur l’état de la FMC en Lorraine et sur les perspectives ouvertes par la création de la nouvelle instance régionale de la FMC.

TLM : Comment la formation continue en Lorraine a-t-elle traversé la crise sanitaire ?

Dr Jean-Daniel Desse : Durant les premiers mois de la crise, alors que les médecins ne matirisaient pas encore les outils de téléconférence, les réunions, qui ne pouvaient plus de tenir en présentiel, se sont quasiment toutes éteintes dans la plupart de nos départements et du coup, les groupes locaux également. Mais il y avait une volonté largement partagée de ne pas rester inerte. Progressivement, notamment lors du deuxième confinement, nous avons appris à utiliser les outils numériques et les plateformes de visioconférence. Les plus jeunes l’ont fait tout naturellement. Puis tout le monde s’y est mis et une dynamique s’est enclenchée, avec plus ou moins d’intensité, selon les départements et les groupes. Des visioconférences ont pu être organisées à travers quasiment tous les départements. Avec la sortie du Covid, les groupes ont repris leurs activités. Les formations, en présentiel, en distanciel ou en format mixte, sont en train de se mettre en place, des dates sont arrêtées. D’ici les vacances d’été, nous aurons repris nos activités avec la même intensité qu’avant la crise sanitaire.

Comment en êtes-vous venus à décider de refondre Lorformep ?

Lorformep, créée en 1972, a longtemps été dirigée par le Dr Norbert Steyer, avant que ne lui succède le Dr Christelle Kayser. Le départ de cette dernière, la cessation d’activité de l’Unaformec à laquelle était rattachée Lorformep ont créé une situation nouvelle à laquelle il fallait réagir. J’ai donc pris l’initiative, épaulé par Cécile Noëlle, secrétaire de l’AMPPU54, de proposer une assemblée générale extraordinaire visant à relancer l’idée d’une structure régionale de statut associatif intégrant les quatre départements sous forme d’antennes. Nous avons décidé que Lorformep devait continuer à exister le temps de sa refondation en une autre structure. Nous nous donnons un an et demi pour régler toutes les questions administratives et juridiques relatives à la création de cette entité. J’ai été nommé président temporaire de Lorformep.

Quelles seront les attributions de cette structure régionale ?

Il s’agit en somme de reformuler et de poursuivre ce qu’avait mis en place Lorformep. Cette structure sera dotée, comme Lorformep, d’un agrément ANDPC (Agence nationale du Développement professionnel continu). Ce qui permettra à tous les groupes de l’ensemble des départements, dotés ou non d’un agrément ANDPC en propre, d’organiser des actions ANDPC en propre, d’organiser des actions ANDPC indemnisables, actions qui permettent aux organisations de percevoir le financement de l’organisation d’une action ANDPC, aux participants de bénéficier d’une indemnisation et de remplir leur obligation réglementaire de DPC.

Pourront ainsi repartir de plus belle les séminaires ANDPC de un ou deux jours, les soirées (ANDPC ou non), les uns et les autres sur des thèmes de pratique courante, et enfin les nombreux GAPP (groupes d’analyse de pratiques entre pairs)1, dotés également du statut ANDPC. Les moyens financiers et logistiques seront mutualisés. Création d’une trésorerie commune, abondée grâce à la cotisation des associations départementales et surtout grâce à la quote-part revenant à l’instance régionale sur chaque enveloppe accordée par l’ANDPC pour l’organisation d’une session ou d’un séminaire ANDPC. Création d’un secrétariat administratif régional dirigé par Cécile Noël ; constitution d’un espace de réflexion et d’élaboration de projets de formation à proposer aux départements ; projet de se doter d’un lieu physique dédié à la formation. Et enfin, création d’un site internet commun et d’outils de communication réseau.

Comment a été reçue l’initiative de créer cette nouvelle structure régionale ?

Nous avons organisé une assemblée avec les responsables des différents groupes. Globalement, tous se sont déclarés enthousiastes.

Comment fonctionnent les différents groupes de Lorraine ?

Chaque groupe a sa personnalité propre. Toutes les options et les façons de travailler doivent être respectées. Certains groupes, par exemple, tiennes à organiser des actions ANDPC, pour d’autres, ce n’est pas le cas. Les modes pédagogiques peuvent différer, ainsi que l’objet de la formation : sujet de cardiologie, diabétologie, urologie, etc. avec expert, ou alors GAPP. Dans le 54, dont je suis le président, nous avons de nombreux groupes de GAPP, jusqu’à 15, qui ont le statut ANDPC. Le 55, dont la responsable de l’association est le Dr Maria Riff, est un département où pour faire face à la désertification médicale, l’ARQ et l’Ordre des médecins ont œuvré de concert pour favoriser la création de maisons de santé, politique qui a porté ses fruits puisque c’est le seul département rural où le nombre de jeunes praticiens a augmenté. Or ces derniers organisent en autonomie, dans leurs maisons médicales, des formations non ANDPC, sans donc se préoccuper de leur caractère validant. De ce fait, la dynamique propre à ce département échappe aux radars. Le 57, dont le Dr Jean-Michel Marty est responsable, a introduit la pluridisciplinarité : tant au niveau des participants que des responsables, on trouve des pharmaciens, des. kinésithérapeutes, des infirmiers, etc. Le 88 a été repris il n’y a pas très longtemps par le Dr Benoit Leroy, jeune et dynamique médecin, orienté vers les nouvelles pratiques numériques et qui a réussi à réunir de nombreux jeunes qui organisent plusieurs formations présentielles ou distancielles, le plus souvent non orientées ANDPC.

Vous parlez de jeunes s’engageant dans la DMC, il y a donc une relève…

Effectivement. Dans le 88, où la dynamique est spectaculaire, les effectifs ont considérablement rajeuni. Dans le 54, nous avons plus de difficultés à attirer des jeunes ; il reste que des jeunes se sont rapprochés de nous, surtout grâce au dynamisme de notre secrétariat. Un certain nombre d’étudiants, par exemple, participent à nos sessions parce qu’ils ont besoin, dans le cadre de leur fin d’études, d’un certificat de formation. Certains qui se sont pris au jeu ont créé, une fois installés, un groupe de pairs. Nous avons bon espoir d’en recruter davantage une fois que nous aurons retrouvé notre régime de croisière.

Propos recueillis par Bernard Maruani

1. Les médecins de ces groupes, qui fonctionnent sans expert, exposent à leurs pairs un cas pris au hasard dans leur pratique, pour le confronter à l’analyse des autres participants. La session se termine par la rédaction d’un consensus de comportement ou de pratiques sur ce cas étudié.

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